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Objectif didactique: Montrer, en prenant la ville de Marburg comme exemple, comment le développement historique et les structures actuelles d'une ville moyenâgeuse typique peuvent être retracés à l'aide de sources Internet.
Mots-clé: Développement urbain, pèlerinages, Réforme, ville universitaire, développement suburbain, développement économique. |
A l'heure actuelle, presque toutes les villes allemandes ont aménagé leur site Internet, et celles qui manquent encore ne tarderont pas à en faire autant dans un avenir très proche. Pratiquement toutes tirent profit des possibilités qu'offre Internet pour se présenter et se faire un peu de publicité en attirant l'attention sur l'importance particulière de leur histoire, de leur développement économique ou touristique. Marburg [1], ville du Land de Hesse, en est un bon exemple.
Pour ce qui est de son évolution historique [2] et de sa classification typologique, Marburg peut être rangée parmi les nombreuses villes fondées durant le haut moyen âge, phénomène caractéristique du Land de Hesse (Tableau) comme de l'Europe centrale toute entière. Cette ville présente cependant de nombreuses spécificités qui s'expliquent par son importance dans le domaine politique et religieux: elle a été le siège des landgraves de Hesse jusqu'à ce que ces derniers élisent domicile à Kassel (1607), et son nom est étroitement lié à celui de Sainte Elisabeth [3], dont le tombeau était un haut lieu de pèlerinage en Europe durant le haut moyen âge.
Les origines de la ville de Marburg remontent à l'époque des Francs. Les plus anciens vestiges, situés dans le secteur du château [4] actuel, sont les témoins d'une colonisation datant de la fin de l'époque carolingienne. Un château fort a été construit à cet emplacement en plusieurs phases, entre le 9e et le 12e siècle. Il avait entre autres pour fonction de protéger les limites territoriales de la Basse-Hesse. Le nom de la ville est dérivé de Marcpurg, ce qui signifie Grenzburg (Heinemeyer 1990:232) (château fort de marche, de frontière - nota bene: le mot français "marche" vient du germanique "marka", désignant la province frontière d'un État).
Bien que Marburg n'ait pas été située sur l'une des grandes routes marchandes du moyen âge, les premiers artisans et commerçants s'y installèrent à l'abri des remparts du château fort, peu après la fondation de la ville par les landgraves de Thuringe, vers 1130/1140. Mais l'importance première de la ville fut longtemps d'ordre politique, bien que le territoire appartînt tout d'abord au landgraviat de Thuringe, administré depuis la ville d'Eisenach. Après que la lignée des landgraves de Thuringe se soit éteinte, Marburg devint en 1248 le centre d'un landgraviat de Hesse indépendant.
Parallèlement à cette évolution politique, Marburg a connu un important développement religieux, marqué avant tout par la personne d'Elisabeth de Marburg, Sainte Elisabeth. Le château fort de Marburg fut donné à Elisabeth après la mort de son époux, le landgrave Louis IV de Thuringe (1218-1227). En 1228, Elisabeth fonda l'hôtel-Dieu Franziskus, qui fut placé sous l'autorité de l'Ordre des chevaliers teutoniques. Elle consacra sa vie à soigner les pauvres et les malades. Peu après sa mort prématurée à l'âge de 24 ans, en 1231, elle fut canonisée (1235). La cathédrale Ste Elisabeth de Marburg devint alors l'un des hauts lieux de pèlerinage en Europe. L'Ordre teutonique fut chargé de l'entretien du tombeau et donc aussi de l'organisation des pèlerinages.
Les siècles suivants, jusqu'au début de la Réforme, sont marqués par un partage du pouvoir entre trois grandes forces rivales: le landgraviat de Hesse, l'archevêché de Mayence et l'Ordre des chevaliers teutoniques [5]. Le landgraviat de Hesse devint protestant (synode de Homberg, 1526) sous Philippe le Généreux [6] (1504-1567), ce qui mit pratiquement fin à l'ère des pèlerinages à Marburg. En 1527, tous les monastères de Marburg furent sécularisés et les bénéfices qui en furent tirés ou les bâtiments eux-mêmes servirent à l'aménagement de la Philipps-Universität [7], la première université protestante au monde, qui fut fondée la même année.
L'université joua dès le début un rôle important, même si le nombre des étudiants fut d'abord très modeste. Mais malgré la fondation de la Philipps-Universität, la Réforme apporta à la ville en définitive plutôt une période de stagnation qu'un véritable nouvel envol.
Ce n'est qu'au milieu du 19e siècle que se sont opérées d'appréciables transformations marquant le commencement du développement moderne de Marburg. Le raccordement de la ville au réseau de voies ferrées (ligne Main-Weser, 1848-1852) a été d'une importance capitale. Avec le rattachement de la Hesse électorale à la Prusse, en 1866, la Philipps-Universität est promue au rang d'université prussienne et Marburg se transforme en une ville de garnison. La ville s'élargit peu à peu jusqu'aux prairies qui bordent les rives de la Lahn (carte historique). L'université enregistre une rapide croissance du nombre d'étudiants, d'autant que l'Alma Mater peut s'enorgueillir d'être ou d'avoir été fréquentée par maintes célébrités [8].
L'importance de Marburg comme ville universitaire [9] a certainement entravé le développement industriel de la ville (par rapport, par exemple, à celui qu'a connu la ville voisine de Giessen [10]). Cette évolution a entraîné de nombreuses particularités démographiques et économiques perceptibles encore actuellement. Marburg compte parmi les villes de Hesse qui présentent le pourcentage le plus élevé de population active travaillant dans le secteur tertiaire. L'université représente de loin le plus important facteur économique et le principal employeur (7614 employés en 1999). Elle a aussi une forte incidence sur la structure démographique: 23 % de la population totale de la ville sont des étudiants (Leib 1990:167), ce qui représente l'un des pourcentages les plus élevés après Münster, Gießen et Tübingen.
L'industrie du bâtiment et le secteur des professions auxiliaires, qui ont par le passé particulièrement profité de l'essor de l'université, sont à présent relayés par certaines branches du commerce et du secteur tertiaire, comme par exemple la gastronomie, les fournitures de bureau et articles de papeterie. Constructions urbaines et bâtiments universitaires se côtoient aujourd'hui encore, conférant à la ville un cachet bien particulier. L'université engendre au total des coûts directs et subséquents de l'ordre de 717 millions de Deutschemarks, ce qui correspond à 2,8 fois le budget de la Ville de Marburg (Leib 1990: 172-174).
D'autres branches [11] du secteur tertiaire se sont développées en étroite relation avec l'université, en particulier, ces dernières années, les entreprises de technologie des médias et de la télécommunication.
Pour encourager l'expansion économique de Marburg, un bureau spécial [12] de promotion de l'économie a été créé, qui fournit conseils et assistance en vue du développement de nouvelles branches économiques. Un bon exemple en est le Software-Center [13] qui a été construit à l'emplacement dune ancienne caserne (Jägerkaserne). Ce Centre, qui rassemble des entreprises de technologie des médias et de la télécommunication, uvre, en coopération avec l'université, à établir solidement Marburg comme espace Internet. On y trouve donc beaucoup de fournisseurs d'accès à Internet, ainsi que des firmes d'informatique des secteurs du Web-Publishing et Hardware-Service. Le Centre fait aussi fonction de centre de congrès, ce qui souligne bien l'élargissement "virtuel" du rayon d'action de la ville. Les autres bâtiments de la caserne abritent des étudiants, qui peuvent y loger pour des loyers modérés.
Il ne serait certainement pas adéquat de parler dans ce contexte d'expansion urbaine, alors qu'il s'agit bien plutôt d'un changement planifié de fonction d'une structure urbaine déjà existante. Il en va partiellement de même du nouveau quartier Marburg-Stadtwald, construit sur le secteur de l'ancienne caserne Tannenberg" [14]. La Société de développement urbain de Marburg y a également aménagé un centre.
Il a déjà été dit plus haut que le secteur industriel n'est pas très développé à Marburg. Une firme fait cependant exception, qu'il convient de mentionner ici, et qui a par ailleurs un rapport avec l'université: la firme Behring. Le deuxième grand employeur de la ville, fut inscrite au registre du commerce en 1904 par le premier prix Nobel de médecine, Emil von Behring [15]. Nommé professeur à l'université de Marburg en 1890, après avoir découvert l'effet antitoxique du sérum sanguin, Behring créa en coopération avec Hoechst les laboratoires Schloßberg, et fit l'acquisition, grâce à la somme d'argent du prix Nobel récompensant ses travaux, d'une parcelle de terrain sur laquelle se trouve aujourd'hui encore la firme qui porte son nom. L'importance de cette dernière dépasse le cadre local, et même national, puisqu'elle s'est scindée en de nombreuses coentreprises actives au plan international (W. Döpp 1991).
Marburg s'efforce depuis de nombreuses années d'élargir les bases de son économie afin de consolider ses structures économiques et de renforcer son importance régionale. Le commerce au détail en est un bon exemple.
Le commerce au détail de Marburg, bien quen essor depuis quelques années, rencontre aussi certains problèmes à lheure actuelle. Bien qu'une augmentation de 50 % du chiffre d'affaires nominal ait été enregistrée entre 1986 et 1992 (Sailer-Fliege 1995:154), la conjoncture est loin d'être satisfaisante. En comparaison avec les villes voisines, le chiffre d'affaires du commerce au détail dans le centre-ville de Marburg est en dessous de la moyenne. Depuis les années 70, les secteurs suburbains de Marburg se sont développés et des centres commerciaux modernes y concurrencent à présent les magasins du centre-ville, par ex. à Wehrda et Cappel, deux communes rattachées à Marburg depuis la réforme de restructuration territoriale de 1974. Ce sont ces centres commerciaux qui contribuent pour la plus grande part au chiffre d'affaires mentionné ci-dessus, puisqu'ils attirent beaucoup de consommateurs. Pour mieux relier encore Marburg à ses environs, on a construit une autoroute urbaine qui dessert le trafic de la population active et des acheteurs. Aux problèmes notoires des zones où on ne trouve pas de place pour garer sa voiture, ou qui sont mal desservies, sont venus s'en ajouter d'autres. Les attentes des consommateurs, qui désirent une offre variée de produits de qualité supérieure, ne peuvent pas être suffisamment satisfaites dans le vieux centre-ville, en raison des petites surfaces disponibles. Le centre commercial "en pleine verdure" réunit plus d'atouts, et c'est pourquoi de nombreux consommateurs lui donnent la préférence.
La ville essaie de résoudre ces problèmes et d'optimiser la qualité du centre urbain par une meilleure gestion et régulation des zones de stationnement, ainsi qu'une extension des surfaces commerciales. De nouveaux centres commerciaux urbains ont été aménagés au cours des dernières années, comme par exemple Biegeneck, Schloßberg et Erlenring. Ils sont conçus pour offrir aux consommateurs le plus grand choix possible: cinémas, salles dexposition, magasins dalimentation, boutiques de jeux électroniques, de vêtements, etc. Mais il nest pas certain que cette tendance générale de la perte dimportance des centres-villes (suburbanisation tertiaire) puisse être stoppée.
Les fondements de limportance politique interrégionale de Marburg ont été jetés lors de la réforme communale entreprise au début des années 70, qui a défini la ville comme lun des centres principaux [16] (Oberzentrum) de la Hesse centrale. Mais cette importance reste plutôt limitée, dautant que la ville a pour concurrente lagglomération de Gießen-Wetzlar, centre économique assez dynamique distant de 30 km seulement.
En résumé, on peut dire que le parcours de la ville de Marburg est à maints égards tout à fait caractéristique, et en cela semblable à celui de beaucoup dautres villes allemandes, tout en comportant cependant quelques spécificités. Nous avons tenté de dégager ici les grandes lignes de lévolution de Marburg à laide de sources Internet, et examiné dans quelle mesure ce média moderne se prête à en retracer les structures historiques et géographiques. Le résultat aurait été impensable il y a 10 ans encore, à savoir que chaque phase et chaque fonction dune ville peut être documentée à travers des sources Internet, qui comportent tout au plus quelques différences daccentuation dune ville à lautre. Internet offre donc déjà une énorme quantité dinformations facilement accessibles sans grande recherche.
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Autres sources internet:
Ville 3D
BOP - Magazine internet de Marburg
Le Express - Magazine de Marburg, version internet
L'archive de jeux
L'église de St. Elisabeth
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