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Objectifs didactiques:
Présentation des divers concepts-clé et objectifs du
développement de l'habitat rural depuis la fin du siècle dernier (suite de
l'unité 2.3, complément de l'unité 4.2), et caractérisation des
différentes mesures politiques prises dans ce domaine.
Mots-clé: Village, habitat rural, égalité des conditions de vie, remembrement, réimplantation de l'habitat, assainissement rural, paysage humain rural, suburbanisation, programme de rénovation rurale, potentiel endogène, rénovation rurale intégrale. |
Les habitats ruraux, élément essentiel du paysage humain de l'Allemagne, ont connu depuis le siècle dernier, avec le passage d'une société agraire à une société industrielle, de profonds changements [1] particulièrement marqués depuis la Deuxième Guerre mondiale en raison des radicales transformations des structures agraires et de l'évolution dynamique des régions de densification (Verdichtungsräume). Le village, qui a constitué pendant des siècles une entité d'habitat et d'économie homogène basée essentiellement sur l'agriculture, ne se prête plus depuis longtemps à une définition [2] claire et précise. Ces dernières décennies, différents types factionnels de communes rurales se sont formés, suivant les structures socio-économiques régionales [3]. Tandis que les habitats des régions de densification ou de tourisme ont été marqués par des structures socio-économiques de type urbain, les villages des régions rurales peu développées ont été touchés par l'exode rural ou la stagnation démographique. Depuis le début des années cinquante, le gouvernement fédéral et les différents Länder s'attachent à développer des concepts et instruments se prêtant au maintien et à la rénovation des habitats ruraux:
Les domaines politiques respectifs ont connu ce faisant au fil du temps plusieurs changements de paradigmes qui se reflètent dans les structures rurales.
Les premières conceptions de rénovation systématique des habitats ruraux remontent à un mouvement datant du début du XIXe siècle (Landesverschönerungsbewegung). Elles étaient marquées par une vision romantique de la vie villageoise, face à l'industrie naissante. Mais ce n'est qu'au XXe siècle que la rénovation rurale systématique a réellement gagné en importance. La loi prussienne de 1920 concernant la restructuration foncière a aussi formulé pour la première fois l'idée de "décongestion des habitats" comme l'une des tâches du remembrement, et en 1937, un décret du gouvernement nazi à relatif la restructuration foncière (Reichsumlegungsverordnung) a finalement imposé les régulations communales à toutes les provinces allemandes (Henkel 1993: 214 et suiv.), mais des mesures d'amélioration des structures rurales n'ont été malgré tout que rarement appliquées. Tandis que la rénovation rurale a été négligée en RDA jusque dans les années quatre-vingts (Grosskopf/Altmann 1994), elle est devenue partie intégrante de la politique d'aménagement en RFA, après 1949, ce qui constituait d'ailleurs une urgente nécessité dans le contexte de ces années d'après-guerre. Les régions rurales ont certes d'abord enregistré une nette croissance démographique, mais cet exode urbain n'a été qu'un phénomène temporaire. Dès le début des années cinquante, la situation s'est inversée: en raison de l'état de délabrement des habitations et du manque d'infrastructures - des milliers de villages ne disposant ni de conduites d'alimentation en eau, ni de l'électricité, ni d'un réseau routier -, ainsi que d'une carence de l'emploi, on assiste à un exode rural massif. Il devenait de plus en plus urgent d'agir:
Les premières mesures prises en vue de l'amélioration des structures de l'habitat rural au début des années cinquante ont été tout d'abord placées dans le contexte de la rénovation des structures agricoles, c'est-à-dire du remembrement (avant - après). La loi de remembrement [9] de 1953 prescrivait expressément la décongestion des communes rurales, mais cette exigence visait moins le complet assainissement des villages que le renforcement de la compétitivité de l'agriculture. A côté de la jonction de parcelles et de l'amélioration du réseau routier et des chemins ruraux, la réimplantation d'exploitations agricoles s'est particulièrement répercutée sur la structure des villages. Jusqu'en 1971, près de 15.000 fermes ont été déplacées du centre des villages aux champs environnants du finage (Beck 1998: 13). Cette réimplantation d'exploitations agricoles [10] répondait certes aux besoins de l'agriculture moderne, mais l'isolement des fermes a eu également des effets négatifs, par exemple sur la structure sociale de la communauté villageoise et les conditions de vie des familles déplacées. Dans les villages eux-mêmes, ces réimplantations ont entraîné une réduction des diverses nuisances rurales - odeurs, bruits et immondices -, mais aucune autre mesure d'assainissement n'a été entreprise. Ainsi, à la fin des années cinquante, l'infrastructure et les bâtiments ruraux n'étaient pas en mesure de répondre aux nécessités des conditions de vie et d'habitat modernes.
Avec l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur la construction [11] (Bundesbaugesetz) adoptée en 1960, la tâche de l'assainissement rural revient désormais aux bureaux de planification du développement urbain, un pas décisif vers une amélioration de la situation quelquefois critique des habitats ruraux. Au cours des années soixante, le gouvernement fédéral et les Länder ont investi des millions de deutschemarks dans la construction de canalisations, de rues et d'écoles. En 1961, le concours "Embellissons notre village" [12] a été lancé par le Ministère fédéral [13] de la Nutrition, de l'Agriculture et des Eaux et Forêts. Depuis, les villages rivalisent tous les ans au niveau cantonal, régional et national, pour l'obtention du premier prix consacrant le village le plus fleuri, les plus beaux jardins et places. Si ce concours visait avant tout à embellir les villages, les mesures initiées avec les fonds publics consistaient plus à amorcer de vastes travaux de démolition et à élargir les rues principales traversant les villages qu'à procéder à l'assainissement de bâtiments individuels et à préserver le cachet particulier des lieux. Malheureusement, on n'a pris conscience de la valeur spécifique du patrimoine des campagnes que très tard, alors qu'un grand nombre d'ouvrages historiques étaient déjà tombés sous les coups des boulets de démolition - selon des estimations, 5 à 10 % au total entre 1960 et 1972 (Henkel 1993: 218). Un peu partout, le caractère propre des villages a été sacrifié pour satisfaire de grands projets de construction - zones piétonnières, construction basses ou immeubles et axes de circulation.
A partir du milieu des années soixante-dix on assiste à un changement de méthodes et de concepts du développement rural [14]. Des valeurs presque oubliées du paysage humain rural sont redécouvertes et remises à l'honneur. Le credo de la politique d'aménagement n'est désormais plus l'assainissement des terres, mais une prudente rénovation (Rapport de rénovation rurale de 1990; Dorferneuerungsbericht 1990). Dans une première phase, jusque vers le début des années quatre-vingt, on a mis avant tout l'accent sur la préservation des structures historiques de l'habitat et du patrimoine rural [15], avec pour important partenaire les services de protection des monuments historiques [16], déjà établis dans les villes depuis longtemps. Les concepts de rénovation étaient essentiellement axés sur le noyau historique des villages, qui devait être réaménagé en "centre vivant". Dans une deuxième phase allant jusqu'au milieu des années quatre-vingt, l'intérêt s'est porté en outre sur l'établissement et l'aménagement de nouveaux habitats, devenus nécessaires du fait de la suburbanisation [17] croissante des habitats ruraux, en particulier dans les régions de forte densification. Pour canaliser la croissance des habitats, des aspects écologiques et sociaux seront dès lors intégrés aux concepts de rénovation. Plus encore: dans une troisième phase, à partir de la fin des années quatre-vingt, cette intégration deviendra un important segment de tous les aménagements, en réaction à la suburbanisation graduelle des installations du secteur industriel et tertiaire. La rénovation rurale est ainsi passée d'un développement trop unilatéral des structures agraires à une mission politique intégrale pour l'amélioration des conditions de vie dans les habitats ruraux. Les objectifs actuels [18] sont:
Afin d'assurer la réalisation de ces objectifs, les mesures de rénovation rurale ont été institutionnalisées [22]. C'est ainsi qu'on vise un plan de rénovation rurale [23] dans le cadre du programme de rénovation rurale mis en place par le gouvernement fédéral et les différents Länder. Ce plan prévoit, outre un bilan approfondi de l'état des lieux, un concept d'aménagement comportant un schéma détaillé des mesures à mettre en place et des coûts correspondants.
Après la réunification des deux États allemands en 1990, le concept de rénovation rurale intégrale a été appliqué également aux nouveaux Länder. Cependant, la mise en uvre du programme de rénovation rencontre d'énormes difficultés, dues à la situation de départ assez ambivalente. D'une part, les structures traditionnelles résultant du système d'organisation de type collectiviste de l'agriculture en RDA ont été remaniées. D'autre part, des formes historiques d'habitat et de construction ont pu se maintenir dans bien des régions, en particulier dans le nord-est de l'Allemagne, de faible densité démographique. Mais il devient urgent d'assainir ces dernières, car la RDA ne s'est préoccupée de rénovation rurale que dans les années quatre-vingt, ses efforts ne dépassant guère le cadre d'un concours lancé pour la première fois en 1981 "Plus belles nos villes et communes - aidez-nous!". Comme le montre l'exemple [24] d'une mesure de rénovation rurale dans l'Uckermark, la structure des villages s'est considérablement améliorée dans les nouveaux Länder au cours des dernières années. La suppression des disparités régionales [25] entre les anciens et les nouveaux Länder constitue depuis 1990 un objectif prioritaire qui est encore loin d'être atteint.
Une revendication essentielle des méthodes actuelles de rénovation rurale vise la participation accrue des villageois aux processus d'aménagement, ou plus exactement une participation citoyenne [26] plus orientée autour de la cogestion (Knievel/Täube 1999: 313), reposant sur la reconnaissance du fait que les concepts d'aménagement n'ont de chances d'être réalisés avec succès que si les acteurs locaux concourent déjà à la phase de conception. C'est précisément lors de la mise en valeur des potentiels endogènes [27] d'une région que les nombreux réseaux sociaux ruraux déjà existants, comme par exemple les associations de la jeunesse rurale [28], des "femmes des campagnes" (Landfrauenverbände) [29] ou agriculteurs [30] représentent une aide indispensable. Et seule la coopération avec les "initiés" permet aux responsables d'effectuer des analyses différenciées des besoins réels, et donc de développer des stratégies suivies [31]. Ceci représente un pas de plus vers le village du XXIe siècle [32], qui doit être plus qu'un simple appendice de la ville [33].
Questions et devoirs:
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[1]
http://www.loreley.de/vgnastaetten/weidenbach/geschichte.htm
[2]
http://de.wikipedia.org/wiki/Dorf
[3]
http://www.bbr.bund.de/raumordnung/raumbeobachtung/gebietstypen1.htm
[4]
http://www.agrar.hu-berlin.de/wisola/fg/apol/frame/intro.htm
[5]
http://www.bbr.bund.de/moro/index.html?/moro/archiv/008_finanzierungsmodelle.html
[6]
http://www.lpb.bwue.de/publikat/land/land7.htm
[7]
http://pro.agrar.hu-berlin.de/cdrom/bmelf/Zahlen/folien/imafolie/graph14.gif
[8]
http://www-public.tu-bs.de:8080/~schroete/baurecht.htm
[9]
http://www.xfaweb.baden-wuerttemberg.de/nafaweb/berichte/g-FlurbG/flurbg_c.htm
[10]
http://www.tue.kbs.bwue.de/diareihe/tuebingen/tueb33g.htm
[11]
http://www-public.tu-bs.de:8080/~schroete/baurecht.htm
[12]
http://www.dorfwettbewerb.de/
[13] http://www.bml.de/
[14]
http://www.laum.uni-hannover.de/ilr/lehre/Ptm/Ptm_DE.htm
[15]
http://www.werkleitz.de/gemeinde/kult/kultur.html
[16]
http://www.igbauernhaus.de/
[17]
http://www.supplement.de/geographie/blotevog/stadtgeo/fokus.htm
[18]
http://www.lpb.bwue.de/publikat/land/land4.htm
[19]
http://www.landentwicklung.nrw.de/dorferneuerung/dorferneuerung.htm
[20]
http://www.landentwicklung.de/pdf/land_pdf/altershausen.pdf
[21]
http://www.lpb.bwue.de/publikat/land/land19.htm
[22]
http://www.laum.uni-hannover.de/ilr/lehre/Ptm/Ptm_DE.htm
[23]
http://www.difu.de/tatorte/wettbewerb95-00/preistraeger/rundgang/brodowin/tourismus/karte2.shtml
[24]
http://www.thueringen.de/alf-meiningen/Seiten/Dorferneuerung/bspde.htm
[25]
http://www.gym-landau.de/ek/inh13/sozio%9Akonomie/disparit.htm
[26]
http://www.stmlf.bayern.de/proxy.php?prxctx=/behoerden/&url=/publikationen/pressemitteilungen/2001/pm154-01.html
[27]
http://www.lpb.bwue.de/publikat/land/land8.htm
[28]
http://www.landjugend.de/bdl/index2.htm
[29]
http://www.bayerischerbauernverband.de/sro.php?redid=2056
[30]
http://www.kitzingen.de/bbv/werwir.htm
[31]
http://www.landentwicklung-muenchen.de/mitarbeit/magel/aufsaetze/pfingstsymp_bnedikt_2001.pdf
[32]
http://www.internetdorf.de/
[33]
http://www.lpb.bwue.de/publikat/land/land5.htm
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