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Objectif didactique: Présentation approfondie du secteur touristique en Allemagne, en particulier des types de tourisme et de leurs structures et répartition spatiales.
Mots-clé: Tourisme, loisirs, mobilité touristique, régions touristiques, vacances, tourisme de cure, tourisme urbain, formes d’hébergement, fréquence touristique, parcs naturels/nationaux, touristes étrangers. |
L’importance croissante du tourisme en Allemagne est due à différents facteurs influençant le comportement des Allemands en ce qui concerne les voyages. Il s’agit surtout d’aspects économiques, sociaux et écologiques. L’augmentation des revenus et du temps libre, une espérance de vie plus élevée, le renforcement de la mobilité individuelle ainsi que l’amélioration des moyens de communication ont fait que les voyages font désormais partie intégrante de la vie des Allemands.
De par son relief et son réseau fluvial variés, ses vastes forêts, mais aussi ses étendues d’eau (naturelles et artificielles), tout particulièrement dans l’ancienne zone glaciaire du Nord (la Suisse du Holstein (Holsteinische Schweiz), la Suisse mecklembourgeoise [1] (Mecklenburgische Seenplatte), et dans les moyennes montagnes (Sauerland [2]), l’Allemagne offre de nombreux espaces de détente. L’augmentation de la rationalisation et du fonctionnalisme sur le lieu de travail incite les gens à rechercher dans leurs loisirs la proximité de la nature. Cependant, la consommation et la commercialisation des sites naturels dans les régions touristiques prennent aujourd’hui des proportions inquiétantes.
Le choix des lieux [3] de loisirs et de tourisme ne dépend pas seulement de la beauté naturelle des paysages. Le patrimoine culturel et les installations modernes de sport, de jeux et de loisirs (par exemple les parcs de loisirs [4] exercent également une certaine attirance sur le public. Parmi les destinations de vacances et de loisirs, on compte non seulement les villes anciennes (par exemple Rothenburg ob der Tauber [5] ou Lübeck [6]), les châteaux, les manoirs, les églises et les cathédrales, mais aussi les offres variées des musées et expositions. Les fêtes populaires, les fêtes traditionnelles et les festivals viennent s’y ajouter. Chaque année, des milliers de visiteurs se rendent dans les hauts-lieux de carnaval [7].
Les débuts du tourisme allemand remontent au temps des pèlerins. Le pèlerinage en tant que pénitence, par exemple à Marburg sur la tombe de Sainte Elisabeth [8], à Kevelaer (Bas-Rhin) [9] ou à Altötting (Bavière) [10], étaient l’expression d’une profonde religiosité. Les voyages pouvaient aussi avoir pour but une guérison ou une amélioration de l’état de santé par des bains dans des sources d'eau minérale aux vertus thérapeutiques. Les premiers thermes furent construits par les Romains (Aix-la-Chapelle, Trèves), mais la chute de l’Empire romain provoqua le déclin de ces installations. Ce n’est qu’aux XIIIème/XIVème siècles que les thermes connurent un renouveau, et ce du fait de la montée de la bourgeoisie dans les villes. Mais le véritable boom des cures n’a commencé qu’au début du XIXème siècle (Baden-Baden [11], Bad Oeynhausen) et s’est maintenu jusqu’à nos jours.
Les premières stations balnéaires [12] furent Heiligendamm, près de Doberan (Mecklembourg et Norderney (Frise orientale). Au début, la baignade en mer ne jouait pas un rôle primordial. Le divertissement, le plaisir, mais aussi des motifs de santé étaient au premier plan (sur l‘évolution historique et les causes sociales du tourisme, voir Kulinat et al. 1984).
Le développement du tourisme a été également influencé par l’industrialisation depuis le milieu du XIXème siècle. De nouvelles formes de travail, des revenus réguliers et la législation sur le temps de travail et les congés ont créé des conditions favorables au développement des voyages. L'extension des moyens de transport (chemin de fer, navigation à vapeur) a contribué à la croissance de la mobilité dans les loisirs. Les plus grandes facilités de voyage au XXème siècle furent accompagnées d’une augmentation de la demande de possibilités d’hébergement dans les stations balnéaires, les villes de cure, les lieux de villégiature et les stations de sports d’hiver.
Du fait de la séparation des deux Allemagnes, il est difficile de considérer l’évolution du tourisme en Allemagne de manière globale depuis la Seconde Guerre mondiale. Malgré une forte demande, le nombre des voyages était limité en RDA. Tous ne pouvaient pas choisir eux-mêmes leur destination de vacances, les places dans les centres de vacances étant assignées d’office par les autorités de l'État. D’une manière générale, seuls les dirigeants des comités d’entreprise et les fidèles du régime obtenaient une place dans les sites les plus appréciés tels que la mer Baltique (Usedom [13], Rügen [14], le Harz, la Forêt de Thuringe [15] les Monts Métallifères (Erzgebirge) ou la Suisse saxonne (Elbsandsteingebirge [16]). Les jeunes y accédaient par le biais de l‘école, des Jeunes Pionniers ou des Jeunesses Socialistes. Le service des congés de l’Union Libre des Syndicats Allemands (Freier Deutscher Gewerkschaftsbund FDGB) s’était transformé, depuis sa création en 1947, en une imposante organisation. Il disposait de ses propres centres de vacances et camps de camping, était co-gérant des Interhotels (chaîne d’hôtels appartenant à l’État quasiment réservée aux visiteurs étrangers) et procurait des chambres chez l’habitant. Les ouvriers effectuant des travaux pénibles ou faisant les trois-huit, les familles de trois enfants et plus, ainsi que les personnes faisant preuve d’un grand engagement social bénéficiaient d’une certaine priorité dans la distribution des "chèques-vacances".
L’évolution du tourisme en Allemagne de l’Ouest a été entièrement différente: en l’espace de 40 ans, la fréquence des voyages a presque triplé. En 1954, seuls 24 % des Allemands de l’Ouest entreprenaient au moins un voyage (vacances, 4 nuitées minimum) par an; en 1992, ce chiffre s’élevait à 60 %. Le choix des moyens de transport a également évolué: alors qu’en 1953 le chemin de fer dominait, il fut remplacé dans les années qui suivirent par l’automobile. Les changements les plus remarquables concernent les destinations de vacances: alors qu’en 1954, 85 % des vacanciers ouest-allemands passaient leurs congés en RFA, en 1992, plus de la moitié a préféré se rendre à l’étranger.
L’hébergement [17] représente une part importante de l’offre touristique. La diversité des formes d’hébergement répond à celle de la demande. Parmi ces formes d'hébergement se trouvent les hôtels, les pensions et les meublés, qui forment l'hôtellerie "classique". Celle-ci est complétée par les centres de vacances et de loisirs, les centres de formation, les gîtes et les auberges de jeunesse. En ce qui concerne le tourisme de cure, ce sont les maisons de repos et les centres de cure qui jouent le rôle le plus important. Les maisons et appartements de location ainsi que les villages de vacances font l’objet d’une demande croissante et sont surtout appréciés des jeunes et des familles nombreuses. Enfin, il faut aussi citer les formes d’hébergement dites non-conventionnelles: les motels et les campings.
Aujourd’hui, 90 % des capacités d’hébergement de l‘Allemagne se situent dans les anciens Länder (RFA d’avant 1990). Cependant, le taux de croissance dans les nouveaux Länder (ancienne RDA) est supérieur à la moyenne nationale, ce qui laisse à penser que les capacités d’hébergement [18] vont continuer à augmenter à l’avenir. Dans les anciens Länder, la majorité des capacités d’hébergement se situait en 1994 en Bavière, dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie du Nord-Westphalie, dans les nouveaux Länder, dans le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, en Saxe et en Thuringe. Le taux d’occupation des capacités d’hébergement est le plus élevé à Berlin, à Hambourg, dans la Hesse et dans la Sarre. La majorité (72 %) des unités d’hébergement (chambres/appartements) revient à l’hôtellerie classique et tout particulièrement aux hôtels [19].
Il semble qu’à l’avenir la tendance à la diversification des formes et des capacités d’hébergement doive se poursuivre. On assiste aussi bien à la construction d’hôtels de grand standing (en particulier dans les grandes villes) qu’à celle d’hôtels et de motels bon marché (notamment à proximité des autoroutes). Dans les régions et lieux touristiques, on observe à la fois le maintien de l’offre de location de maisons et appartements et la construction de complexes touristiques. Ces formes d’hébergement offrent à leurs hôtes une grande indépendance tout en proposant des prix qui restent abordables.
Le nombre des nuitées est l’un des indicateurs principaux du rôle du tourisme. Sa forte croissance depuis les années cinquante est cependant difficile à chiffrer. Depuis la loi de 1980 sur les statistiques dans le domaine de l’hébergement et du tourisme, les hôtels et chambres d’hôtes en dessous de neuf lits ne sont plus soumis à la déclaration au registre officiel. Jusqu’en 1980, toutes les nuitées étaient enregistrées et regroupées en zones de plus de 5.000 nuitées.
En 1998, le nombre total des nuitées s’élevait à 294,5 millions (contre 287,2 millions en 1997). Parmi les anciens Länder, les plus fréquentés étaient la Bavière, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie du Nord-Westphalie et la Basse-Saxe (Tableau) [20]. Les nouveaux Länder constituaient 16 % du total des nuitées en Allemagne, avec aux premières places la Saxe et le Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale.
La fréquence touristique (nombre de nuitées pour 1.000 habitants) permet de mesurer l’importance du tourisme dans le développement d’une région ou d’une commune. Bien qu’il se situe à un niveau modeste en chiffres absolus (7.556 nuitées en 1997), le Schleswig-Holstein présente une fréquence touristique supérieure à la moyenne. Il est suivi du Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, de la Bavière, de la Rhénanie-Palatinat et de la Basse-Saxe. La durée moyenne des séjours a diminué, en partie du fait de la tendance à partir en voyage plusieurs fois dans l’année. En 1998, la durée moyenne des séjours était de 3,1 jours, celle des touristes étrangers s’élevait à 2,2 jours.
Les différentes formes de tourisme se reflètent dans les divers types d’hébergement [21] et les différents sites [22]. Les centres de vacances ainsi que les appartements et maisons de location, formes typiques du tourisme de vacances, occupaient en 1998 la troisième place après les hôtels (37 %) et les maisons de cure (14 %). On enregistre une augmentation du nombre des nuitées dans les stations balnéaires, les stations climatiques et les centres de rééducation, dans lesquels se concentre le tourisme. Dans le domaine des séjours de cure, on observe une forte baisse depuis la réforme du système de sécurité sociale allemand. La baisse du nombre des nuitées touche en particulier les villes de cure qui dépendent principalement des curistes pris en charge par la sécurité sociale (par exemple Bad Wildungen, en Hesse). On constate des différences dans la durée des séjours, la plus longue durée revenant aux maisons de cures (sanatoriums) (28,5 jours). Une durée de séjour supérieure à la moyenne peut également être observée dans les maisons et appartements de location (8,8 jours), les centres de vacances (5,7 jours), les pensions (4,9 jours) et les centres de rééducation (4,5 jours). Ces données indiquent qu’il s’agit de curistes et de vacanciers. Il existe aussi un autre domaine du tourisme qui connaît depuis des années un développement rapide: le tourisme urbain [23].
Bien que les touristes allemands représentent la majorité des nuitées en Allemagne, l’importance des touristes étrangers (11,6 % en 1997) est cependant loin d’être négligeable. Ils représentent un pourcentage plus élevé dans les anciens Länder (12,6 %) que dans les nouveaux Länder (6,5 %). Les Länder les plus fréquentés sont la Bavière, la Rhénanie du Nord-Westphalie, le Bade-Wurtemberg et la Hesse à l’Ouest ainsi que la Saxe à l’Est. En 1997, 15,2 % des 33,4 millions de touristes étrangers [24] venaient des Pays-Bas. Les autres principaux pays d’origine sont les Etats-Unis (10,9 %), la Grande-Bretagne (8,9 %), l’Italie (5,6 %), la Suisse (5,1 %), la France (4,8 %), la Belgique (4,2 %), l’Autriche (4,1 %) et le Japon (4%). Parmi les visiteurs étrangers se trouvent de nombreux hommes et femmes d’affaires ainsi que des touristes venus visiter des sites pittoresques. Les vacanciers venant de l’étranger se rendent de préférence dans le Rheingau, la vallée du Rhin, les régions Moselle-Sarre et Eifel-Ahr, le long de la route romantique et dans les Préalpes (Allgäu, Werdenfelser Land et autres). Le tourisme urbain attire les touristes étrangers à Munich (1,4 million en 1997), Francfort-sur-le-Main (1,1 million), Berlin (0,9 million), Cologne (0,5 million), Hambourg (0,5 million), Düsseldorf (0,4 million) et Heidelberg (0,2 million).
L’Office fédéral des statistiques ainsi que les instituts de statistiques des Länder ont effectué un découpage touristique de la carte d’Allemagne indépendant du découpage administratif: la délimitation des "zones touristiques" (telles que la Suisse du Holstein, la Forêt de Teutoburg, le Haut-Allgäu [25]) correspond à la fois à leurs caractéristiques naturelles et à la compétence territoriale des fédérations régionales de tourisme.
Il convient de tenir compte non seulement des longs séjours de vacances, mais aussi des séjours de courte durée, par exemple le week-end. Ce tourisme de proximité concerne environ un tiers de la population des grandes agglomérations urbaines. La préférence est accordée aux paysages variés offrant forêts, espaces verdoyants et étendues d’eau. La croissance de cette forme de tourisme, favorisée par l’extension des voies routières et par l’amélioration des transports en commun, exige d’une part l'aménagement des installations de loisirs existantes et le développement de nouveaux équipements, et d’autre part le maintien de grandes zones d'excursion.
Dans ce contexte, les parcs naturels et les parcs nationaux [26] jouent un rôle d’une importance grandissante. Les parcs naturels [27] sont des sites protégés pour leur beauté naturelle et qui offrent des possibilités de repos et de loisirs (de manière comparable aux "sites naturels protégés"). L’agriculture et la sylviculture ne font l’objet d‘aucune restriction, à l‘inverse des routes et agglomérations, dont la construction est limitée. Les parcs naturels sont équipés de parkings, chemins de randonnée, points de vue panoramiques, gîtes, bancs de repos, panneaux éducatifs sur la forêt et ses habitants, parcours de santé, équipements de loisirs, aires de repos et de jeux etc. On y trouve également des hôtels, des pensions, des auberges de jeunesse et des camps de jeunes.
A la différence des parcs naturels, qui sont surtout destinés aux loisirs et au repos, les parcs nationaux [28] ont avant tout pour but de protéger la faune et la flore ainsi que les formes typiques du paysage. Un parc national (exemples: Parc National du Harz [29] ou Parc National de la mer du Nord [30]) est "un territoire juridiquement délimité, devant être protégé, ayant une grande superficie, présentant un caractère particulier et dont la plus grande partie remplit les conditions d’un site naturel protégé, qui n’a pas ou peu subi l’influence de l’homme et qui doit en premier lieu servir à la sauvegarde de la diversité de la faune et de la flore locales" (sur les parcs naturels et les parcs nationaux, voir Statistisches Bundesamt, 1998: 106 et suiv.).
Les "vacances à la ferme" [31] sont d’une grande importance pour la sauvegarde de l’agriculture dans les régions périphériques. Cette forme de vacances en famille s’est développée depuis les trente dernières années. Dans les années soixante-dix, il s’agissait avant tout de vacances à coûts restreints dans un hébergement de niveau peu élevé. La pression due à la concurrence a conduit à une amélioration de la qualité, les prix sont cependant restés à un niveau accessible.
D’une manière générale, le tourisme est en Allemagne un facteur économique important [32]. Les revenus provenant de ce secteur sont d’une grande importance, notamment dans les régions peu industrialisées et situées loin des grands centres urbains: le tourisme permet de sauvegarder des emplois et ainsi de soutenir et renforcer l’économie régionale. Le tourisme profite au niveau local non seulement aux restaurants, aux hôtels etc, mais aussi au commerce et aux divers services.
Questions à poser:
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[1]
http://www.all-in-all.com/karte5.htm
Autres Sources Internet:
[2]
http://www.sauerland-touristik.de/de/
[3]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtxt.htm
[4]
http://www.phantasialand.de
[5]
http://www.rothenburg.de/
[6]
http://www.luebeck.de/index.html
[7]
http://www.info-mainz.de/veranst/mpg/index.htm
[8]
http://www.elisabethkirche.de/rundgang/index8.htm
[9]
http://www.kevelaer.de/
[10]
http://www.altoetting.de/sehens/gnadenkapelle.htm
[11]
http://www.baden-baden.de/
[12]
http://www.m-vp.de/baederverband/orte/heiligendamm.html
[13]
http://www.usedom.de/index_e.html
[14]
http://www.wild-east.de/meckpom/ruegen/map.html
[15]
http://www.oberhof.de
[16]
http://www.elbsandsteingebirge.de
[17]
http://www.dehoga.de/daten/daten1-englisch.htm
[18]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtab3.htm
[19]
http://www.dehoga.de/sterne/sterne.htm
[20]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtab3.htm
[21]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtab5.htm
[22]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtab6.htm
[23]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtab7.htm
[24]
http://www.destatis.de/basis/e/tour/tourtab4.htm
[25]
http://www.oberallgaeu.de
[26]
http://www.bfn.de/01/index.htm
[27]
http://www.naturpark.de/naturparke/main.html
[28]
http://www.nationalparke.net/home/navigation.html#
[29]
http://www.nationalpark-harz.de
[30]
http://www.wattenmeer-nationalpark.de/
[31]
http://www.landurlaub.de
[32]
http://www.drv.de/navigation/navi_8.html
http://www.fvw.de
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