L'extraction de ressources naturelles minérales et non-minérales [1] a toujours joué un rôle important au Canada et peut être considérée comme l'un des pivots de l'économie canadienne, par exemple pour le nord de l'Ontario et le sud de la Colombie-Britannique. Depuis les années 1950 surtout, le Canada est devenu l'un des principaux pays exportateurs de ressources naturelles minérales du monde, en particulier vers les États-Unis. Mais au-delà de cette position-clé au niveau des exportations, le Canada est aussi à la pointe des procédés et technologies les plus écologiques dans le secteur de l'industrie minière. En 1997, 368.000 Canadiens travaillaient dans ce secteur, en comptant l'extraction minière, les techniques de fonte et de finissage, et la transformation des produits bruts minéraux et métallurgiques.
La gamme des gisements minéraux du Canada [2] est variable d'une province à l'autre. Les trois territoires situés au nord du pays (le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut) ont fourni en 1997 29 % de la production nationale de zinc, et 12 % de celle d'or. Le District de Dawson City est le plus important bassin minier du Yukon. Les principaux produits miniers du Yukon [3] sont l'or, le plomb et l'argent; les sables et pierres y jouent également un grand rôle comme matériau de construction. L'exploitation minière la plus nordique de tout le Canada est celle de Polaris-Mine [4] sur l'île de Little Cornwallis, dans l'Arctique (extraction de plomb et de zinc). La Giant Canadian Gold Mine de Yellowknife, et celle de Lupin Gold, dans le grand nord arctique (situées toutes deux dans les Territoires du Nord-Ouest) sont les plus importantes exploitations minières d'or. Le principal produit minier de Colombie-Britannique est par contre le charbon: 28 millions de tonnes y ont été extraites en 1997, ce qui représentait 36 % de la production de charbon nationale [5]. En outre, la Colombie-Britannique arrive au premier rang mondial pour l'extraction minière de molybdène.
L'Alberta joue un rôle important dans le secteur de l'extraction de pétrole et de gaz naturel: en 1997, cette province a fourni 79 % de la production totale. La même année, l'Alberta est arrivée par ailleurs au premier rang pour l'extraction de charbon. Les principales ressources naturelles de l'Alberta [6] (cf. unité 5) sont le pétrole, le gaz naturel et le charbon, auxquels viennent s'ajouter le ciment, les sables et pierres. Le Saskatchewan voisin détient quant à lui plus de 85 % de la production canadienne de potasse [7], et est considéré au plan mondial comme la plus importante région minière d'extraction de la potasse [8]. Les principaux gisements de potasse [9] se trouvent près de Saskatoon, Regina, Esterhazy et Rocanville. La province du Manitoba possède d'importants gisements de nickel, de cuivre, de zinc et d'or [10].
L'Ontario arrive en tête au plan national pour l'extraction de nickel [11], dont cette province à elle seule a fourni en 1996 74 % de la production nationale. La Creighton Nickel Mine de Sudbury dispose actuellement des plus profonds puits de mine [12], qui descendent jusqu'à 7200 pieds, c'est-à-dire près de 2,2 kilomètres de profondeur. Elle est aussi l'une des principales entreprises minières du Canada pour l'extraction de nickel. En tout, l'Ontario a réalisé en 1996 70 % de la production nationale de nickel [13], mais aussi 50 % de celle d'or et 50 % de celle de zinc. L'Ontario possède également des gisements d'argent et de zinc. Le ciment, les sables et pierres sont aussi des ressources importantes (41 % de la production nationale).
L'industrie minière [14] joue aussi un grand rôle au Québec, la seule province du Canada qui possède des gisements de titane exploitables et occupe de ce point de vue le deuxième rang mondial. En 1997, 40 % de l'extraction de minerai de fer [15] du pays provenaient également du Québec, qui dispose par ailleurs de gisements d'or et de zinc, ainsi que d'amiante. Enfin, la province joue un rôle important dans le domaine de l'extraction et la transformation du granit.
Le Nouveau-Brunswick et les autres provinces de l'est du pays possèdent aussi d'importants gisements. La New Brunswick Zinc Mine arrive au premier rang mondial pour l'extraction de zinc [16]. La province détenait en 1996 près de 40 % des réserves nationales de zinc, 65 % de celles de plomb et 34 % de celles d'argent. La province voisine, la Nouvelle-Écosse, a elle aussi d' importantes exploitations minières. En 1997, plus de 80 % de la production nationale de gypse [17] provenaient du domaine d'exploitation situé sur l'île de Cap Breton, et étaient pour la plus grande part exportés vers les États-Unis. La Nouvelle-Écosse a également des gisements de charbon, de gaz naturel et de sel. La richesse en ressources minérales de Terre-Neuve repose à 91 % sur ses gisements de minerai de fer, principalement exploités par les sociétés minières The Iron Ore Company of Canada [18] de Labrador City [19], et Wabush Mines Operations de Wabush. Près de 60 % de l'extraction de minerai de fer du Canada proviennent aujourd'hui de Terre-Neuve. De toutes les provinces canadiennes, l'île-du-Prince-Édouard est l'unique qui ne possède pas d'exploitations minières: seules la production de tourbe et l'exploitation des sables et pierres y jouent un certain rôle économique.
Cet aperçu montre bien que le Canada compte au plan mondial parmi les plus importants pays producteurs [20] et exportateurs de produits miniers. En 1997, le Canada arrivait en tête pour l'extraction de potasse et d'uranium, et en deuxième position pour l'extraction d'amiante, de soufre, de nickel, de zinc et de gypse. En ce qui concerne la valeur de production, les dix principales ressources minérales extraites [21] étaient en 1998 l'aluminium, le charbon, le cuivre, la potasse, le minerai de fer, le zinc, le nickel, le ciment, les sables et pierres/pierres de taille. En 1998, la production d'or a rapporté à l'économie nationale 2,8 milliards, le charbon 1,79 milliards, le cuivre 1,69 milliards et la potasse 1,66 milliards de dollars. Cette même année, le produit intérieur brut a enregistré grâce aux produits miniers une hausse de 26,5 milliards de dollars, passant ainsi au total à 718 milliards de dollars. Les différents secteurs de l'industrie minière et de l'industrie de transformation y ont contribué à parts presque égales: le secteur de l'extraction, avec 28,8 %, le secteur de la fonte et du finissage, avec 16,0 %, la fabrication de produits semi-finis, avec 23,0 %, et la transformation métallurgique, avec 32,2 %.
Des 749 entreprises canadiennes du secteur de l'industrie minière, 79 font partie de la branche des métaux et 132 de celle des non-métaux, 501 de la branche des pierres et terres au sens le plus large, 35 de la branche d'extraction du charbon et 2 exploitent les sables bitumineux du nord de l'Alberta. En 1998, la participation de l'Ontario à la production minérale du pays a été de 4,99 milliards de dollars, soit 27,3 % de la valeur de production nationale. Le Québec arrivait en deuxième position, avec 3,44 milliards de dollars (= 18,8 %), suivi de la Colombie-Britannique, avec 2,9 milliards de dollars (= 15,8 %), ces trois provinces réalisant ensemble 86,5 % de l'extraction d'or du Canada et 90,0 % de l'extraction de cuivre. Cette même année, la Colombie-Britannique, l'Alberta et la Nouvelle-Écosse ont fourni ensemble 91,7 % du volume d'extraction de charbon, tandis que la production totale de pétrole "extrait" est provenue des sables bitumineux de l'Alberta [22].
Le pourcentage d'exportation des produits miniers du Canada est très élevé. Près de 80 % des ressources minérales et non-minérales sont destinées à l'exportation et 20 % seulement à la consommation intérieure. En 1998, les produits miniers représentaient 14,5 % du volume d'exportation du Canada, ce qui montre bien leur importance pour l'économie nationale. Rien qu'entre 1993 et 1998, l'exportation de ressources minérales a augmenté de 56 %, ce qui correspond à une hausse de valeur de 2,9 à 4,5 milliards de dollars. En 1998, les trois principaux produits d'exportation étaient le charbon et l'acier (21 %), l'aluminium (15,8 %) et l'or (7,49 %). En ce qui concerne la production de nickel, les États-Unis sont le principal client (27 % des exportations), suivis du Japon (23 %), de l'Europe (18 %) et des autres pays du monde (32 %). Etonnante évolution: il y a 20 ans, 5 % seulement de la production de nickel étaient exportés vers des pays asiatiques, pour plus de 50 % en 1998. Du point de vue de la production annuelle, c'est l'aluminium qui arrive en tête (781.268 tonnes), suivi du cuivre (224.607), du zinc (136.817), du plomb (92.999) et du magnésium (34.026).
Tableau: Les dix principaux produits minéraux d'exportation et d'importation du Canada
en1998
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| Fer & Acier |
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| Aluminium |
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| Or |
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| Cuivre |
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| Carbon & Coke |
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| Potasse |
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| Nickel |
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| Zinc |
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| Minerai de fer |
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| Verre et produits en verre |
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| Autres |
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Les importations de produits minéraux ont également augmenté de 13 % entre 1993 et 1998, pour atteindre une valeur de 43,9 milliards de dollars en 1998. Il est intéressant de constater que le fer et l'acier ont enregistré le plus fort pourcentage aussi bien à l'exportation qu'à l'importation. Les dix principaux produits d'importation minéraux représentaient près de 54 % du volume total des importations. Les États-Unis sont de loin le plus important partenaire commercial du Canada: 75,1 % des exportations du secteur leur sont destinés. 99 % du chrome, 95 % du fer et de l'acier, 82 % de l'argent et 73 % de l'uranium extraits au Canada partent vers les États-Unis. Inversement, le Canada importe 69,5 % de ses ressources naturelles de son voisin du sud. En 1997, les exportations vers l'Union européenne, le Japon et le Mexique étaient en recul, tandis que les importations en provenance de ces pays étaient en légère augmentation.
En 1997, le charbon faisait partie des principaux produits miniers, avec une valeur de production de 5,8 milliards de dollars. Aujourd'hui, il existe au Canada encore 23 mines de charbon [24], dont 3 en Colombie-Britannique, 15 dans l'Alberta, 3 au Saskatchewan, une au Nouveau-Brunswick et une en Nouvelle-Écosse - mais cette dernière a été fermée en l'an 2000. Du point de vue du volume d'exploitation, c'est la province de l'Alberta qui arrive en tête, suivie de la Colombie-Britannique, du Saskatchewan, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. C'est cependant la Colombie-Britannique qui détient le plus fort pourcentage à l'exportation, avec 71,6 %. Le Japon est le principal client des exportations canadiennes en charbon (48,9 %), suivi de la Corée du Sud (18,2 %), du Royaume-Uni (4,2 %), du Taiwan (3,3 %) et du Brésil (3,3 %). Mais le Canada a aussi lui-même une consommation en charbon élevée, en particulier pour l'électricité qu'il produit dans les centrales thermiques. En ce qui concerne cette consommation intérieure [25], l'Alberta arrive tête (44 %), puis suivent l'Ontario (29,1 %), le Saskatchewan (16,9 %), la Nouvelle-Écosse (4,5 %) et le Nouveau-Brunswick (2,4 %). L'Ontario doit importer 83,1 % de ses besoins en charbon, tandis qu'au Québec, le pourcentage est de 45,5.
De nombreuses grandes entreprises d'exploitation minière sont implantées au Canada. Alcan Aluminium Ltd. [26] était en 1995 la plus importante entreprise canadienne de transformation d'une ressource naturelle. Elle a son siège à Montréal et ses segments d'activité sont la production d'aluminium et d'électricité, mais elle investit aussi dans la recherche et la technologie. Elle a des filiales et des points de vente dans plus de 30 pays du monde, ce qui reflète bien son importance comme entreprise "globale" spécialisée dans les tôles laminées en aluminium.
Un autre exemple est l'entreprise Falconbridge Ltd. [27] fondée dès 1928, la plus importante du Canada pour la production de cuivre, au plan mondial la première pour le finissage du nickel et la quatrième pour la production de cobalt; elle est également active dans les secteurs de l'extraction de zinc, de métaux précieux, de platine et de calcium. Deux des principales mines de nickel de cette entreprise se trouvent à Sudbury, à environ 400 km au nord de Toronto, dans le nord de l'Ontario. En plus de Falconbridge, cinq autres entreprises sont implantées dans le bassin minier de Sudbury, sur une superficie d'environ 90 km². Onaping-Craig Mine, qui produit 1,2 millions de tonnes de nickel par an, est la plus jeune de ces entreprises. Inco Ltd. [28] - The International Nickel Company - a été fondée à Sudbury en 1902, et possède aujourd'hui des filiales au Manitoba, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Indonésie. Cette entreprise est la première au plan mondial pour la production de nickel: elle satisfait à elle seule 27 % de la demande mondiale en nickel. Il convient de mentionner aussi la Raglan Mine du territoire Nunavik, dans le nord du Québec, ouverte en juillet 1998, qui a déjà enregistré une croissance de production de 50 %. Cette entreprise produit annuellement environ 130.000 tonnes de nickel et de cuivre, qui sont acheminés vers la ville de Québec pour y être transformés.
Rio Algom Ltd. [29] fait également partie des plus importantes entreprises minières. Elle a son siège à Toronto et est l'une des plus diversifiées du secteur: ses activités englobent l'extraction du cuivre, de l'or, du molybdène, de l'uranium et du charbon, avec des filiales aux États-Unis, au Chili, en Argentine et au Pérou. Mais Rio Algom est aussi associée à d'autres entreprises, comme les Cerro Colorado Mines, au Chili (extraction de charbon pour une valeur de 179 millions de dollars en 1998), les Highland Valley Copper Mines, en Colombie-Britannique (extraction de cuivre et de molybdène pour une valeur de 103 millions de dollars), la Polaris Mine, dans l'Arctique canadien (extraction de zinc et de plomb pour une valeur de 9 millions de dollars), etc. Enfin, il faut mentionner TeckCominco Ltd. [30], une entreprise fondée en 1906, qui a aussi de nombreuses connexions internationales. Cominco détient le premier rang mondial pour l'enrichissement de concentrés de zinc et la production de métaux de zinc. D'autres secteurs de production sont l'enrichissement de plomb, de cuivre, de molybdène et de germanium. Il faut savoir que le zinc arrive aujourd'hui au quatrième rang des métaux, après l'acier, l'aluminium et le cuivre. Le monde occidental consomme près de 6,5 millions de tonnes de zinc par an, ce qui représente 2,5 % de plus qu'en 1980. Près de 47 % du zinc servent à la galvanisation [31], procédé destiné à protéger l'acier de la rouille.
Le secteur de l'industrie minière joue donc toujours un rôle primordial pour l'économie canadienne. La richesse en ressources minérales et non-minérales fait du Canada l'un des plus importants partenaires économiques [32] de la planète, ce qui se reflète par son appartenance au groupe des pays du G7/G8. Mais le Canada est plus qu'un simple fournisseur de ressources naturelles: il occupe aussi une position de pointe dans le monde en matière de technologie et des techniques d'extraction et de transformation de ces ressources. Les connexions internationales de l'économie canadienne reposent en grande partie sur ce secteur, comme le montre bien l'importance qui revient aux grandes entreprises d'exploitation minière du pays.
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