Le Canada est traditionnellement une terre d'accueil pour les immigrants du monde entier. Plus des deux tiers [1] de la population actuelle est d'origine britannique et française. D'autres importants groupes d'immigrants d'Irlande, d'Écosse, d'Allemagne et d'autres pays européens sont venus très tôt peupler le Canada. Depuis un certain temps cependant, la plupart des immigrants viennent de pays en voie de développement, avec un pourcentage considérable de pays asiatiques.
Pourquoi tous ces hommes et femmes ont-ils émigré ou émigrent-ils encore au Canada? Les Nations Unies ont décerné la première place au Canada, parmi tous les pays du monde, en ce qui concerne la qualité de la vie, pour ces quatre dernières années. Ce "premier prix", mais avant tout aussi le fait que le pays offre le visage d'une société multiculturelle [2] et que deux langues officielles y soient parlées (l'anglais et le français), ont fait du Canada la terre d'élection de nombreux immigrants.
L'Amérique du Nord a connu, il y a près de 200.000 ans déjà, la toute première immigration des Autochtones. Ce n'est que bien plus tard, à partir du XVIe siècle, que les immigrants d'Europe [3] sont venus coloniser le pays. Parmi eux se trouvaient des hommes qui n'étaient pas toujours les bienvenus partout, en raison de leur appartenance à un groupe ethnique ou religieux, comme les Juifs [4] ou les Mennonites [5]. Comme beaucoup d'autres minorités, ceux-ci ont grandement contribué à la formation d'une société multiculturelle au Canada. D'après la moyenne annuelle des dernières années, environ 200.000 immigrants en provenance de plus de 200 pays différents sont accueillis chaque année au Canada.
Il faut noter cependant que les chiffres de l'immigration ont considérablement oscillé au cours du temps. La plus forte pointe d'immigration a été constatée pour l'année 1913, avec 400.870 immigrants. En 1985, par contre, on enregistrait seulement 84.000 nouveaux immigrants. Les chiffres sont remontés à 174.000 en 1998 [6]. Entre 1993 et 1998, on a assisté à un recul de l'immigration annuelle d'environ 40.000 immigrants, en particulier ceux d'origine asiatique. En 1994, 42,6 % de tous les immigrants du Canada venaient de Hongkong, des Philippines, d'Inde et de Chine, pour un seul immigrant du Bhoutan, de Mongolie, du Tibet et du D.O.M. La Réunion. Le nombre d'immigrants d'Afrique et d'Europe a légèrement augmenté en pourcentage ces dernières années.
Tableau 7.1: L'immigration selon les régions d'origine des immigrants [7]| 1993-1994 | 1997-1998 | |
| Immigrants (chiffres absolus) | 234.457 | 194.351 |
| d'Afrique | 5,7 % | 7,5 % |
| d'Australie | 0,5 % | 0,6 % |
| d'Asie | 62,5 % | 59,4 % |
| d'Europe | 17,1 % | 21,2 % |
| des USA et des Antilles | 8,1 % | 6,3 % |
| d'Amérique du Sud et centrale | 1,6 % | 1,9 % |
| Autres | 0,5 % | 0,2 % |
Les immigrants sont très inégalement répartis sur les différentes provinces du pays. L'Ontario en rassemble à lui tout seul plus de la moitié, suivi de la Colombie-Britannique, du Québec et de l'Alberta. Les provinces et territoires aux plus faibles taux d'immigration sont le Yukon (0,03 %), les Territoires du Nord-Ouest (0,03 %), l'Île-du-Prince-Édouard (0,06 %) et Terre-Neuve (0,2 %).
Par ailleurs, des mouvements de migration intranationale entre les différentes provinces entrent aussi en ligne de compte. A cet égard, seuls l'Ontario et l'Alberta présentaient des bilans positifs en 1997-1998, tandis que le Québec enregistrait les plus fortes pertes [8], avec 17.474 d'émigrants de plus que d'immigrants arrivés d'autres régions du pays. Terre-Neuve et le Manitoba ont également subi d'assez grosses pertes en raison de ces migrations intranationales.
Les destinations concrètes des immigrants diffèrent tout autant que les chiffres de l'immigration divergent d'une province à l'autre. Parmi les grandes métropoles (RMR = Régions Métropolitaines de Recensement), Toronto abrite de loin le plus d'immigrants reçus: aujourd'hui, presque deux millions d'immigrants y vivent. Vient ensuite Vancouver, qui présente un pourcentage particulièrement élevé d'immigrants chinois [9]. Montréal, Calgary, Ottawa-Hull et Edmonton enregistrent également une forte immigration. Les RMR les moins attirantes aux yeux des nouveaux immigrants semblent être Trois-Rivières, Chicoutimi, Saint John, St. John's et Sherbrooke, dont les pourcentages d'immigration sont les plus bas de l'est du pays.
Tableau 7.2: Répartition des immigrants [10] sur les différentes RMR du Canada (1996)
| Région Métropolitaine de Recensement | Nombre d'immigrants |
| Toronto | 1.772.905 |
| Vancouver | 633.740 |
| Montréal | 586.465 |
| Calgary | 170.875 |
| Ottawa-Hull | 161.885 |
| Edmonton | 158.370 |
Les immigrants qui arrivent au Canada exercent les professions les plus variées et viennent avec les intentions les plus diverses. Beaucoup de travailleurs qualifiés disposent d'une formation qui leur permet de s'intégrer rapidement au marché du travail canadien. Un nombre considérable d'entrepreneurs et d'investisseurs s'installent au Canada pour y fonder leur propre entreprise. Selon les lois canadiennes sur l'immigration, un entrepreneur doit avoir fondé sa société en l'espace de deux ans au maximum après son arrivée au Canada. Les investisseurs doivent placer au moins 400.000 dollars pour obtenir le statut d'immigrant reçu.
Beaucoup d'immigrants ont déjà de la famille au Canada. Ils peuvent venir s'y installer à condition que leurs parents canadiens s'engagent, en se portant garants pour une période pouvant aller jusqu'à dix ans, à les parrainer en vue de leur insertion dans la société canadienne. Enfin, le Canada accueille de nombreux réfugiés, qui voient en lui une terre d'asile où se sentir à l'abri. Il s'agit souvent d'hommes et de femmes exposés dans leur pays d'origine à des représailles ou des persécutions en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, etc. Ils émigrent au Canada dans l'espoir de pouvoir laisser ces menaces derrière eux et vivre en paix.
Tous les immigrants doivent se soumettre à une procédure d'admission [11], avant de pouvoir s'installer au Canada. Les conditions requises sont très diverses selon les groupes d'immigrants (immigrants de la composante économique, immigrants de la catégorie de la famille, réfugiés). Seule la taxe d'immigration est la même pour tous, soit 975 dollars. Le Canada a fixé cette taxe relativement élevée dans le but d'attirer surtout des travailleurs qualifiés, entrepreneurs et investisseurs. Près de la moitié de tous les immigrants appartenaient à ces catégories au tournant du millénaire. Le pays donne également la préférence aux immigrants qui parlent au moins l'une des deux langues officielles, l'anglais ou le français, qui ont un niveau supérieur de formation et ont déjà à leur actif une certaine expérience professionnelle. Des points sont attribués pour tous ces critères d'admissibilité [12].
Mais d'autres aspects entrent aussi en ligne de compte chez les candidats à l'immigration, comme l'âge, les activités qu'ils ont exercées dans leurs pays d'origine, s'ils ont déjà ou non de la famille au Canada, s'ils réunissent d'une façon générale toutes les aptitudes nécessaires à une insertion réussie, leur état de santé, les risques qu'ils peuvent présenter pour la société canadienne, enfin leur situation financière. Les candidats dont la profession ne figure pas sur la "Liste générale des professions" [13] n'ont que peu de chances d'acquérir la citoyenneté canadienne. Cette liste comporte des professions pour lesquelles le marché du travail canadien présente déjà une suroffre de main-d'oeuvre. Les candidats sont quelquefois soumis à des interrogatoires destinés à vérifier l'exactitude des données qu'ils ont fournies dans leurs dossiers de candidature en ce qui concerne leur qualification professionnelle, leurs connaissances en langues, à examiner les risques potentiels de criminalité, les questions de sécurité, etc., et à évaluer de façon générale le sérieux de la candidature.
Le Canada est sans aucun doute un pays où il fait bon vivre. Son attractivité explique, malgré toutes les fluctuations, le chiffre élevé de demandes d'immigration posées chaque année par des ressortissants étrangers du monde entier. Le Canada ne peut pas donner suite à toutes les demandes, bien que le gouvernement ait constamment augmenté les contingents, en particulier ces dernières années. En 1999, le chiffre de l'immigration était de 225.000, soit environ 10.000 immigrants de plus que par exemple pour l'année 1995.
| DEBUT | MATIERES | VGT SITE |